Informations
Travaux en copropriété tertiaire : qui paie quoi ?
En immobilier tertiaire (bureaux, commerces, entrepôts ou locaux d'activités), la gestion des travaux est un exercice de précision. Contrairement au secteur résidentiel où la loi est très protectrice pour le locataire, l'immobilier tertiaire repose sur une liberté contractuelle plus large, souvent source de complexité et de litiges.

Entre le propriétaire-bailleur, le locataire exploitant et le syndic de copropriété, la répartition des factures peut vite devenir un casse-tête juridique. Qui doit financer la réfection de la toiture ? À qui incombe la mise aux normes de l'ascenseur ou la modernisation de la climatisation ? Voici les règles d’or pour y voir plus clair et sécuriser vos investissements.
1. Les travaux relevant de la copropriété : la gestion des charges communes
Lorsqu’une décision de travaux est votée en Assemblée Générale, c’est le syndic qui pilote le projet. Ces interventions ne concernent pas les parties privatives d’un bien, mais bien ce qui l’entoure, c’est-à-dire les parties communes : l'enveloppe du bâtiment et ses équipements partagés entre copropriétaires.
- Le principe de répartition : La loi est stricte : les travaux votés en AG sont répartis, selon les clés de répartition, entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes (millièmes). Le syndic appelle les fonds auprès du propriétaire, jamais directement auprès du locataire.
- Exemples classiques : Le ravalement de façade, la réfection de l’étanchéité du toit-terrasse, la rénovation des parties communes (hall d'accueil, cages d'escalier) ou les gros travaux de tuyauterie et de colonnes montantes.
- La subtilité des parties communes spéciales : Dans les immeubles mixtes, certains équipements (comme un ascenseur desservant uniquement les bureaux) peuvent être classés en "parties communes spéciales". Dans ce cas, seuls les propriétaires des lots concernés financent les travaux.
Le conseil de l'expert : En tant que propriétaire, vous êtes le seul redevable légal vis-à-vis du syndic. C'est ensuite à votre gestionnaire de vérifier, bail par bail, si une partie de ces charges peut être récupérée auprès de votre locataire. Attention : sans une clause précise dans le bail, la récupération est impossible.
2. Propriétaire ou locataire : L'arbitrage du bail commercial
C’est ici que le bât blesse souvent. La clé de la répartition se trouve dans la rédaction du bail commercial. On distingue toutefois deux époques charnières.
Pour les baux récents (Post-Loi Pinel de 2014)
Depuis la réforme Pinel, la loi limite la liberté des propriétaires de "tout refacturer". Certains travaux sont désormais impérativement à la charge du bailleur :
- Les grosses réparations (Article 606 du Code civil) : Elles concernent la structure de l'immeuble. Le propriétaire doit financer les réparations des murs porteurs, des voûtes, des toitures complètes et des poutres.
- La vétusté et la mise en conformité : Si un équipement (comme un système de sécurité incendie) doit être remplacé parce qu'il est en fin de vie ou qu'une nouvelle loi l'impose, le coût ne peut plus être imputé au locataire s'il relève des grosses réparations.
Ce qui reste (généralement) à la charge du locataire
Le locataire exploitant reste responsable de l'entretien lié à son usage des lieux :
- Les menus travaux et l'entretien courant (Article 605 du Code civil) : Remplacement de moquette, peintures, entretien annuel de la climatisation privative, remplacement des ampoules ou de la robinetterie.
- Les travaux d'aménagement : Si le locataire souhaite abattre des cloisons ou modifier l'éclairage pour adapter le local à son activité, il en assure le financement total (souvent sous réserve d'accord préalable du bailleur).
3. Le cas particulier de la mise aux normes et de l’accessibilité
En immobilier tertiaire, les normes ERP (Établissement Recevant du Public) et PMR (Personnes à Mobilité Réduite) sont des enjeux majeurs de responsabilité.
- Accessibilité extérieure : Si les travaux concernent l'accès au bâtiment (création d'une rampe PMR à l'entrée, élargissement de la porte cochère), c'est la copropriété qui assure le financement après un vote en Assemblée Générale.
- Aménagements intérieurs : Si les travaux sont dictés par l'activité spécifique du locataire (par exemple, un cabinet médical ou un commerce de bouche), c'est généralement à lui de financer les aménagements intérieurs pour se conformer aux normes de sa profession.
- Responsabilité : Un défaut de mise aux normes peut entraîner la fermeture administrative du local. Il est donc crucial que le bailleur et le locataire définissent clairement leurs obligations lors de la signature du bail.
4. L'impact du Décret Tertiaire : vers une gestion énergétique
Le Décret Tertiaire impose aux bâtiments de plus de 1 000 m² une réduction drastique de leur consommation énergétique (-40% d'ici 2030). Cela va nécessiter des investissements massifs.
- Une nouvelle répartition à inventer : Isoler les murs par l'extérieur ou changer les fenêtres profite au propriétaire (valorisation de l'actif) mais aussi au locataire (baisse des factures d'énergie).
- L'astuce de l'expert : Un Property Manager ne se contente pas de payer les factures. Il anticipe en créant un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT). L'objectif est de lisser les coûts sur plusieurs années et de profiter des aides de l'État pour transformer une contrainte réglementaire en un levier de valorisation du patrimoine ("valeur verte").
Pourquoi la gestion professionnelle est votre meilleure assurance ?
La répartition "Qui paie quoi" ne souffre aucune approximation. Une erreur de refacturation peut non seulement dégrader la relation avec votre locataire, mais aussi conduire à des litiges devant les tribunaux avec un risque de remboursement des charges perçues à tort sur plusieurs années.
En confiant vos actifs à des professionnels qui maîtrisent simultanément les rouages du syndic de copropriété, de la gestion locative et du property management, vous bénéficiez :
- D'une veille juridique constante sur les évolutions de la Loi Pinel et du Code Civil.
- D'un suivi technique rigoureux pour éviter que de petits entretiens ne se transforment en grosses réparations coûteuses.
- D'une transparence totale dans le reporting, rassurant les investisseurs comme les occupants.
Optimisez la performance de votre patrimoine tertiaire avec MALSH Property. Syndic de copropriété, gestion locative ou Property Management : nous déployons une expertise globale pour sécuriser vos actifs. Profitez d’un accompagnement sur-mesure, conçu pour répondre précisément aux enjeux de vos bâtiments.
Vous souhaitez être accompagnés dans la gestion de votre copropriété ? Contactez-nous ici.



